48 heures à Sokcho : éviter le laid, profiter du beau


Le parc national de Seoraksan.

On s'est dit qu'avec l'omniprésence de la ville de Sokcho, située sur les rives de la Mer de l'Est, dans les guides touristiques coréens, l'endroit vaut absolument le détour. Débarquant de l'autobus qui nous y a amenés depuis Séoul, on a plutôt eu droit au spectacle désolant d'une ville morne et grise, sans abres, et de grandes grues qui s'affairent à ériger des hôtels sans imagination. Les restos se font rares, et la plage est presque déserte.


Heureusement pour vous qu'on s'est attardés dans cette petite ville qui vaut, finalement, un peu le détour quand on sait où regarder. Suivez le guide!


Jour 1; Midi


Nous arrivons au terminal express, à l'est du centre-ville. La région est desservie par un service d'autobus urbains, et vous pourrez utiliser votre carte T-Money achetée à Séoul pour payer votre billet. Nous nous installons dans notre chambre puis sortons explorer notre quartier, situé sur le bord de la plage de Sokcho.


Vers le nord s'étire une pointe de terre où on trouve de charmantes maisons qui sont accessibles par de petites ruelles où les habitants cultivent des légumes et des herbes aromatiques.


Au loin, on apperçoit les énormes tours de condos et d'hôtels, ce qui forme un contraste très fort avec l'architecture coréenne traditionnelle.


Jour 1; Soirée


Nous continuons vers le village d'Abai, où se sont installés des dizaines de familles de réfugiés nord-coréens. Les petites rues où s'entassent les restaurants s'animent à la tombée du jour.



Nous allons ensuite prendre un petit traversier manuel, actionné par un vaillant Coréen, qui nous amène de l'autre bord de la rive pour la mince somme de 500 wons. Nos pas nous mènent au marché touristique de poissons. On y a dégusté la spécialité locale, le sundae (prononcé ssounndaille) au calmar, accompagné de plusieurs verres de makgeolli, l'alcool de riz pétillant au goût sucré et laiteux, pour une poignée de wons (environ 10 000, soit 11$ pour deux).


Pour finir la soirée, nous repartons vers la plage en passant par un 7Eleven, attrapant quelques bières, et nous allons boire notre magot sur le bord de l'eau en regardant les feux d'artifices que font sauter les ados. Nous allons nous coucher tôt puisque le lendemain, c'est une randonnée corsée qui nous attend.


Jour 2; La montée


Le parc national de Seoraksan est la raison principale de l'amour des Coréens pour Sokcho. Ce spectaculaire endroit a fait la renommée de la Corée du Sud et devient extrêmement populaire durant l'automne, où on peut y admirer le feuillage multicolore.


De charmants temples bouddhistes parsèment le sentier. Le marcheur qui tendra l'oreille percevra les belles litanies chantées par les moines et les sons des gongs et autres percussions qui les amènent dans une transe méditative.


La vallée serpente entre les montagnes du parc et le sentier attire des marcheurs de tout acabit : militaires en congé, petites madames coréennes trop bien habillée pour la ligue et famille en quête d'un après-midi tranquille se suivent le long de ce beau chemin facile.


Mais l'heure n'est plus à la rigolade : on se dirige vers Ulsanbawi, une série de pics rocailleux qui s'étirent verticalement de manière vertigineuse au-dessus de la vallée.


Pour y accéder, on doit monter plus de 800 marches. La vue, à couper le souffle, se fait grandement mériter.



Une fois le pic conquis, nous lunchons au sommet puis redescendons tranquillement, prenant le temps de visiter les temples sur le chemin du retour.


Jour 2; le festin de fin de soirée


La deuxième raison pour laquelle les Coréen affluent en masse vers Sokcho, c'est la qualité et la fraîcheur des produits de la mer qu'on y trouve. Les pêcheurs ramènent tous les jours des poissons et des crustacés qu'on peut déguster en sashimis et en soupe.


Nous nous rendons à Daepohang, le petit village de pêcheurs à 2 km au sud de Sokcho. Les prix y sont assez élevés, comparé à la nourriture de rue à laquelle nous sommes habitués : un repas pour deux personnes commence à 45 000 wons, soit près de 50 $. Mais on vous assure que ce que nous avons eu vaut la chandelle.



Le repas commence par une petite assiette de pieuvre et d'éponge de mer en sashimi. Crue. Mais plus crue que ça, la pieuvre m'aurait sauté au visage.


Ensuite, c'est une plus grosse assiette de sashimsi, cette fois-ci du poisson perroquet et d'autres poissons qu'on ne saurait reconnaître.


Puis, la pièce de résistance.



Une soupe bouillante de poisson et de légumes, qui goûte un peu comme une rouille, mais en beaucoup, beaucoup plus épicée. Le bouillon est une explosion de saveurs et sa texture est à mourir de plaisir. Un des meilleurs plats que j'ai eu la chance de goûter.


Nous nous traînons de peine et de misère jusqu'à notre hôtel, autant les jambes que la gorge en feu de toute cette randonnée et ces piments coréens. Brûlés, dans tous les sens.


Jour 3; Midi, le départ


Après s'être relevés courbaturés, mais ravis, nous faisons nos sacs et partons vers l'autobus qui nous transportera jusqu'à Busan. Avant de partir nous devons faire un arrêt à un petit restaurant pour diner.


Je prends un soondubu, une soupe de tofu soyeux servie dans un bol chaud. Les épices me rappellent celles du bouillon de poisson de la veille. Mon palais crie de douleur et de mes tempes coule une rivière de sueur, mais c'est là que réside le plaisir (un peu masochiste) des meilleurs plats coréens.



On aura détesté l'architecture et l'urbanisme de Sokcho, mais il faut dire que cette ville de bord de mer recèle de bien belles suprises.


À bientôt, gahamsamnida!


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© 2019 par Ariane Labrèche et Alexis Boulianne