Comment mieux vous préparer que nous pour explorer le parc de Bukhansan



Un parc urbain veut souvent dire randonnée facile. Tasse-toi, mont Royal, parce que le parc national de Bukhansan offre des randonnées exigeantes et techniques qui récompensent toutefois avec des vues exceptionnelles sur Séoul.


Alexis et moi adorons la randonnée. On a fait le sentier des Caps dans Charlevoix en complète autonomie pendant 5 jours, exploré le parc national de la Gaspésie, monté des montagnes aux États-Unis...On s'est quand même fait avoir par le parc de Bukhansan.


Voici nos meilleurs conseils pour pouvoir profiter du parc de manière intelligente.


QUAND Y ALLER


Le parc national de Bukhansan à Séoul détient le record Guinness du plus grand nombre de visiteurs au pied carré. Une des raisons qui expliquent sa popularité est que les Coréens adorent la randonnée, qui est pratiquement un sport national ici.


Attendez-vous donc à partager les sentiers avec plein de personnes âgées vraiment trop équipées pour la game, manteaux colorés et visières surdimensionnées en plastique compris.


Le truc est d'y aller un jour de semaine, préférablement très tôt le matin ou en début d'après-midi, alors que la plupart des gens sont déjà en train de redescendre les sentiers.


Nous sommes allés un jeudi, et à part quelques groupes de l'âge d'or en fluo et des oppa en camisole, c'était vraiment tranquille.


COMMENT S'Y RENDRE


Ce qui fait la beauté du parc de Bukhansan, c'est qu'il est très facile de s'y rendre en transport en commun.



Le parc compte une dizaine d'entrées qui mènent à des sommets et des sentiers distincts. Tout dépendant de la randonnée que vous comptez faire, le trajet sera évidemment différent.


Nous avons décidé de nous rendre au sommet du mont Baegundae, qui à 836m d'altitude est le plus élevé du parc et de la région métropolitaine.


Pour s'y rendre, il faut prendre la ligne de métro 3 et descendre à la station Gupabal. Sautez ensuite dans un autobus, soit la 34, la 704 ou encore la 8774, jusqu'à l'arrêt Bukhansanseong. En marchant vers l'entrée du parc, vous passerez un charmant petit village de montagne où pullulent les magasins de plein air et les échoppes de bouffe de rue.


En arrivant au bout de la route, vous serez devant un embranchement: prenez votre gauche, vers le pavillon d'information touristique. Vous pouvez y acheter une carte pour 1 000 won, ou environ 1$. C'est là que la randonnée commence!


S'Y PRÉPARER



Plusieurs sites de plein air vous diront que le parc de Bukhansan regorge de randonnées faciles. C'est le cas, mais ça ne concerne vraiment pas celles qui mènent au fameux pic.


C'est peut-être con à dire, mais emmenez-vous de la nourriture et beaucoup d'eau. Le trajet vers le haut est souvent escarpé et si vous vous y frottez en été, vous risquez de suer votre envie de vivre au complet.


On a fait des recherches un peu la veille et on s'est dit que ce serait facile. On a manqué d'eau comme deux beaux champions. Une chance qu'il y avait des machines distributrices vers la fin de notre trajet!


Ne faites pas non plus comme le touriste que j'ai croisé au sommet en gougounes. Il s'est décrit lui-même comme étant «a great idiot». La portion finale en particulier est ardue et glissante, alors mettez de bons souliers de marche!


LA RANDONNÉE


Bon, maintenant que j'ai fini de vous casser les oreilles avec les préparatifs, je peux vous raconter comme s'est déroulée notre journée.


Il est assez facile de comprendre par où passer au début. On marche sur un sentier qui est en fait une route pavée, où passent parfois des véhicules. Le premier point de repère est l'entrée de la forteresse de Bukhansanseong.


Bâtie en 1711, la forteresse servait de refuge aux rois coréens lorsqu'ils devaient se sauver de leurs palais dans la capitale. C'est comme un palais d'urgence. Pas mal.


En continuant à marcher sur cette route, vous arriverez encore une fois à un embranchement. Surprise: deux panneaux indiquent la direction du mont Baegundae dans deux directions opposées. Un sentier prend 2,1km et l'autre, un peu plus de 4 km.


Étant un prix Nobel, je me suis dit que le sentier plus court était nécessairement le meilleur. J'ai réalisé mon erreur en voyant que tous les gens que je croisais le descendaient.


Pour vrai, j'ai estimé que nous avons dû se taper un dénivelé d'environ 700m en 2km, composé exclusivement d'éboulis. Après deux semaines passées au Japon à boire de la bière et manger de la bouffe tempura dans des izakayas, c'était assez demandant.


À la fin de notre calvaire se trouvait une volée d'escaliers.


Mais ce n'était pas fini.



Parce que pour se rendre au sommet, il faut monter encore plus d'escaliers, pour ensuite escalader des parois rocheuses tellement à pic qu'on doit s'accrocher à des cordes en métal.


Le breakdown physique et mental qui me guettait s'est pourtant dissipé aussi vite que du kimchi dans un resto coréen.


LA VUE.



Au sommet du mont Baegundae, on a l'impression de voler au-dessus de Séoul, les parois escarpées de la montagne offrant un point de vue imbattable sur les gratte-ciels qui semblent s'étendre à l'infini. En plus, on peut croiser un des chats (!) qui vit dans les grottes près du sommet.


Le rêve.



Après avoir profité du panorama, il est temps de redescendre sur les rochers glissants. C'est encore plus agréable que lors de l'ascension, puisque les roches sont tellement polies qu'on n'a presque aucune adhésion.


Bonus: vous risquez de vous faire des amis, puisque tout le monde qui redescend du sommet a l'air complètement ridicule.


Trois sentiers s'offrent à vous, mais comme on voulait revenir au même versant, nous sommes retournés sur nos pas avant de bifurquer vers le sentier qui passe par le mont Wonhyobong.


C'est en fait ce sentier-là qu'on vous recommande de prendre en montant, car il est vraiment plus agréable!



En descendant, on croise même des pavillons centenaires et si on porte l'oreille, les échos des gongs des temples qui parsèment le sentier résonnent à travers les rivières et les vallées.


Quelques pas encore et vous serez revenus au village de montagne, où vous pourrez vous récompenser avec une crème glacée avant de reprendre le bus vers le métro.


Pas mal non?



À la prochaine, gamsahamnida!

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