Le guide du voyage écolo en sac à dos

Mis à jour : 2 juil. 2019



Ou comment apporter son mode de vie zéro déchet avec soi.


Avant de partir en voyage en avril, ça faisait deux ans qu'Alexis et moi avions petit à petit fait des efforts afin de réussir à mettre en place un mode de vie zéro déchet.


J'ai commencé à faire mes cosmétiques maison, on allait faire notre épicerie en vrac, on essayait de manger local et de saison et on s'est même achetés un petit caddie à roulettes pour faire nos commissions à pied. Les madames d'Hochelaga n'avaient qu'à bien se tenir.


Depuis qu'on est partis, mon petit coeur de milléniale-écologiste est souvent accablé par la culpabilité. Sacs en plastique, styromousse, absence totale de recyclage et j'en passe: on a dû produire autant de déchets en trois mois en voyage qu'en deux ans dans notre 5 et demi.


Voici des trucs, appris à la dure, que j'aurais aimé avoir en tête avant de partir afin de pouvoir me préparer le mieux possible pour rendre mon périple en sac à dos le plus vert qui soit.


SE DÉPLACER


Greta Thunberg a raison, même si ça fait mal de se l'avouer: le voyage en avion est vraiment une des pires sources de pollution de la planète.


Le nombre de vols risque de doubler d'ici 20 ans et le secteur de l'aviation pourrait devenir le plus important émetteur de gaz à effet de serre d'ici trente ans.


On devrait alors se poser de sérieuses questions sur notre manière d'envisager le voyage et de le consommer. C'est clairement plus facile quand on vit en Europe de prendre le train, ou même un covoiturage, afin de pouvoir visiter rapidement plusieurs destinations.



Pour nous, pauvres Québécois qui en avons assez de visiter Old Orchard (lol), il est vrai que l'avion est souvent la seule manière de pouvoir visiter les pays dont on rêve quand on a des semaines de vacances.


Quand même, on devrait se poser des questions. Est-il vraiment nécessaire de toujours aller dans le sud ou en Europe, ou en Thaïlande? Pourrait-on être plus original dans nos choix de destinations plus près de la maison, choisir d'encourager l'industrie locale et même commencer à apprécier les destinations hivernales?


Il serait peut-être bien aussi de recommencer à voir le transport comme une des motivations intégrales à notre voyage. Par exemple, nous allons sous peu prendre le train de la Mongolie au Kazakhstan. C'est pas mal plus long, mais imaginez les paysages qu'on va voir et les gens qu'on va rencontrer!


Plusieurs voyageurs et voyageuses tentent de voir le plus de villes possible en un même voyage. Je comprends le sentiment d'urgence, surtout à la maison où plusieurs n'ont que deux semaines de vacances par année, mais je suis une grand prêcheuse du slow travel. Ne devrait-on pas arrêter de voyager à la course, en liste d'épicerie, avec le sentiment du devoir accompli qu'une fois toutes les statues, musées et places publiques soi-disant incontournables visitées?


Je ne prétends pas avoir la réponse à ces questions, mais je pense qu'on peut collectivement se les poser. Je ne suis pas non plus un modèle: j'ai fait tous mes déplacements en avion lors de la première partie de ce voyage.


Je pense que je vais être quitte sur mon empreinte carbone le jour où les Canadiens vont remporter la Coupe Stanley (sorry).


COSMÉTIQUES



Questionnements éthiques à part, voyager écolo, ça signifie aussi se préparer adéquatement avant même de partir.


Quand on n'a qu'un sac à dos, le plus important est de voyager léger et compact. Ça tombe bien, parce qu'un des items incontournables à y glisser est un savon en barre.


En fait, vous devriez acheter le plus de cosmétiques solides possible: savon pour le corps, shampoing, revitalisant, savon pour le visage, pâte à dents solide...


Puisque je courais comme une poule pas de tête dans les jours avant mon départ, je n'ai pas eu le temps de les faire moi-même. Si jamais apprendre à faire vos cosmétiques vous intéresse, je vous suggère d'aller jeter un oeil dans des boutiques comme la Coop Coco, qui tient tous les produits nécessaires et donne même des cours de fabrication de savons.


Pour les pressé-es comme moi, on peut trouver tout ce qu'il nous faut chez Lush ou encore BKIND. Lush vend même l'équivalent d'une huile hydratante pour le visage en barre, qui fait mon grand bonheur.


Vous pouvez acheter des contenants en verre ou en plastique solide et y mettre les savons que vous utilisez en ce moment, et garder vos réserves dans des sacs en papier ou même dans d'autres petits contenants. C'est léger, organisé et durable, mais surtout, ça permet d'avoir la tête tranquille avec les contenants d'un maximum de 100 ml qu'on permet d'apporter en avion.


HYGIÈNE


J'aurais aimé avoir plus de temps afin de mieux prévoir mes achats avant de partir.


Si ça avait été le cas, j'aurais pensé à acheter quelques brosses à dents en bambou, ou un modèle de brosse à dents avec une tête remplaçable. Si on calcule qu'une brosse à dents devrait durer 3 mois selon mon dentiste (et 6 mois selon Alexis), ça ne fait pas beaucoup de brosses à transporter pour un voyage d'un an comme celui que nous faisons.


Ensuite, pensez à vous procurer une petite brosse à cheveux de voyage en bambou, légère et durable.


Tous ces items peuvent souvent être trouvés dans un même magasin écolo, comme Terre à Soi, celui où j'allais m'approvisionner dans Hochelaga.


On y trouve également des déodorants écologiques et du liquide à lessive biodégradable. Pourquoi ne pas en traîner une petite bouteille de 100ml? Ça peut durer assez longtemps et réduire encore votre empreinte environnementale.



Mon coup de coeur et meilleure amie, toutefois, reste une petite barre de savon détachant. Je la traîne dans un petit sac en plastique recyclé et elle m'a sauvé la vie plusieurs fois. En voyage comme à la maison, je tente d'acheter le moins de vêtements possible: autant faire en sorte, alors, qu'ils puissent être portés longtemps.


Des règles-surprise aux taches laissés par un bouillon de ramen, ça va vous servir et vous allez vous aimer d'en avoir apporté une.


J'ai récemment écrit un texte sur la gestion des menstruations en plein air. Je ne répéterai pas tous les conseils, qui sont pas mal les mêmes pour un voyage en sac à dos, mais pour les personnes qui ont des règles vos trois meilleures amies seront la coupe menstruelle, les sous-vêtements absorbants et les protège-dessous lavables en coton.


MANGER ET BOIRE


Pour sauver des sous et parce qu'on a parfois des cravings de certains plats en particulier, on essaie toujours de trouver des auberges ou des appartements où on peut cuisiner.


J'aurais aimé penser à apporter des sacs réutilisables en coton. C'est tellement pratique pour aller acheter des fruits et des légumes dans des épiceries où les sacs de plastique règnent, ou juste pour ramener nos courses à la maison!


En plus, ils peuvent servir de sac à linge sale, de sac pour les souliers, alouette.

Moi qui contemple les ruines de ma vie zéro déchet.

Comme plusieurs épiceries asiatiques trippent vraiment sur le Sarran Wrap, au point d'emballer des citrons individuels, un bon truc est de ne pas hésiter à acheter ses fruits et légumes dans des stands de rue ou dans des marchés. C'est souvent là que vous pourrez trouver des aliments en vrac, autant des fruits que des fèves ou du riz. Quelques sacs de papier et le tour sera joué.


Un autre allié improbable: les contenants réutilisables. J'en ai acheté pour mettre mes savons, mais ils vous serviront autant pour ramener les restants du restaurant, que pour les plats à emporter, ou encore une fois pour acheter des aliments en vrac. Trouvez-en un ou deux, légers, que vous pourrez mettre sans souci dans une poche de votre sac.


Oriane, une de nos lectrices, m'a aussi rappelé l'importance de se procurer soit une bouteille d'eau avec un filtre intégré, comme celles de la compagnie LifeStraw, un purificateur d'eau de voyage, ou encore des comprimés de purification d'eau.


C'est fou la quantité de bouteilles de plastique qu'on peut éviter de consommer en possédant un de ces outils. Nous n'avons pas pensé à en prendre avant de partir et n'avons pas été capables d'en trouver en voyage. Je fais bouillir le plus d'eau possible, mais parfois, je dois acheter des bouteilles d'eau et c'est loin de me faire plaisir.


De plus, pour ceux et celles qui aiment aller en randonnée ou faire du plein air en voyage et à la maison, ça peut vous permettre de consommer pas mal n'importe quelle eau puisée à même une rivière ou un ruisseau. Ça évite beaucoup de casse-tête!


RELATIVISER


Malgré toutes vos bonnes intentions, il se peut que le monsieur du restaurant prenne votre sac de plastique, le jette et vous en donne un neuf. C'est arrivé sous nos yeux horrifiés.


Vous ne pourrez pas changer la culture ou les habitudes de consommation d'un pays à vous tout seul et rien ne sert non plus d'essayer de le faire. Si les patates ne viennent que dans un sac de plastique, eh bien, prenez le sac de plastique. Si la seule manière de goûter à un plat local reconnu est d'aller dans un restaurant où les ustensiles jetables sont rois, ça vaut le coup d'aller y faire un tour quand même.


Des pépins peuvent toujours arriver et il est fort probable que vous devrez vous procurer des produits suremballés. Encore une fois, il ne faut pas non plus commencer à se taper sur la tête à tous les jours.


Le but est de faire de son mieux, tout en profitant au maximum du beau voyage qu'on est en train de vivre!



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© 2019 par Ariane Labrèche et Alexis Boulianne